Je veux parler de quatre lettres que j’ai reçues à Kingston, entre 2002 et 2003, du temps où j’étais attaché de sécurité à l’ambassade de France en Jamaïque. Je suis tombé inopinément sur elles en triant récemment mes archives dans le grand bureau de ma maison de Pont-Croix.
La première est en réalité une carte postale envoyée par Édith Castellas, en juin 2002, à l’occasion de mon 49e anniversaire. Édith est la maman de Suzanne Castellas, une amie australo-américaine de Wissal, la fille cadette de Soad. J’ai fait la connaissance d’Édith à Paris, durant les fêtes de fin d’année 2000, lorsque Wissal et Suzanne vivaient rue Saint-Georges. Je l’ai revue à Los Angeles durant la Saint-Sylvestre 2003 et, pour finir, deux fois à Sydney, respectivement en janvier 2005 et en avril 2019. Édith, qui vit toujours à Sydney, va avoir 100 ans ce 1er décembre 2026. God bless!

La deuxième lettre, écrite le 30 janvier 2003, est d’Anne-Marie Coppey qui fut ma logeuse, 30 rue Oberlin, durant l’année 1974-1975 où j’ai été un étudiant fugace à Strasbourg. Je suis resté en contact avec elle tant qu’elle a pu échanger. Lorsque je l’ai connue, elle devait avoir 42 ans. Veuve seulement depuis deux ans, elle élevait seule ses quatre enfants. Je parle un peu d’elle dans « C’était il y a 50 ans », un article qui figure sur ce même site (cf. https://www.feliho.fr/2-mes-articles/21-personnel/b-1-30-cetait-il-y-a-50-ans/). A propos de ses enfants, Pierre, le troisième né le 22 mai 1963, vient d’être proposé ce 14 octobre 2026 par le président Emmanuel Macron pour succéder à Mme Dominique Simonnot au poste de contrôleur général des lieux de privation de liberté ; auparavant, il était le patron de Vinci Autoroutes. J’aime bien le timbre à l’effigie de Léopold Sédar Senghor qui figure sur l’enveloppe d’Anne-Marie. C’est à la même adresse du 30, rue Oberlin que j’ai eu l’honneur de recevoir les vœux personnalisés du président Senghor au début de l’année 1975.

La troisième lettre, datée du 3 mars 2003, est de Marie-Thérèse Villod, une collègue de ma tante Odile Verny. Je l’ai connue au Sénégal. C’est elle qui m’a offert, pour mon 16e anniversaire, les œuvres complètes d’Antoine de Saint-Exupéry dans la collection de la Pléiade. J’y fais référence dans un échange sympathique avec l’avocat François Vannesson (cf. https://www.feliho.com/litterature/32-articles/antoine-de-saint-exupery/). Marie-Thérèse Villod compte au nombre de mes chères disparues.

Last but not least, expression que j’ai entendue pour la première fois dans la bouche de Léopold Sédar Senghor, la quatrième et très longue lettre m’est venue de ma mère. Elle l’a écrite le 5 mai 2003 où elle séjournait encore à Mérignac, chez mon frère puîné Magloire. Je reconnais sa belle écriture d’institutrice sur l’enveloppe. Je n’ai manifestement pas hérité ce talent d’elle, moi qui ai une calligraphie quasiment illisible. M’appelant toujours son « fils premier-né », un faux-titre honorifique que je me suis adjugé, elle y remercie Soad et moi d’avoir été présents au mariage de Jocelyn à Baltimore, Jocelyn, ce fils véritablement « dernier-né » qu’elle a eu a 41 ans passé et qui va lui-même avoir 55 ans ce 1er novembre 2026. La roue de la vie…

Pont-Croix, 22 octobre 2026