Une obsession ?

J’ai déjà eu l’occasion de manifester, à plusieurs reprises, mon opposition personnelle au principe de la double nationalité ou des nationalités multiples (cf. sur ce même site mon article intitulé « De la double nationalité »).  L’extrait qui suit, publié dans Gala ce 7 mars 2026, ne fait que me conforter dans cette idée.

La guerre qui a éclaté le 28 février dernier au Moyen-Orient affecte aussi le Liban. Alors que les habitants de Beyrouth ont dû évacuer la capitale ce jeudi 5 mars, avant de nouveaux bombardements israéliens, Roselyne Bachelot a tenu à apporter son soutien à celle qui fut sa successeur rue de Valois en 2022, Rima Abdul-Malak. Sur son compte Instagram le 3 mars dernier, l’ancienne ministre de la Culture a écrit : « Mes pensées et mon soutien accompagnent ma collègue Rima Abdul Malak directrice du grand quotidien libanais L’Orient-Le Jour. La dernière nuit a été terriblement éprouvante à Beyrouth. Rima avait l’impression que les bombes tombaient dans son salon… » Et d’ajouter : « Elle ne s’inquiète pas pour elle mais pour son pays qui sombre dans le chaos. Terrible… Chère Rima, je sais que tu tiens bon à la tête de tes équipes. Nous sommes avec toi. »

Comment peut-on concevoir qu’une personnalité politique qui a été ministre en France et qui, à ce titre, a participé à des conseils où ont été discutés des sujets sensibles, puisse, du jour au lendemain, retourner dans son pays d’origine comme si de rien n’était et continuer d’y avoir des activités qui excèdent, en tout cas, celles d’un citoyen ordinaire ? Ce qui vaut pour Rima Abdul Malak, née à Beyrouth le 11 février 1979, vaut pour d’autres politiques français dont je ne citerai que les exemples suivants :

  • Eva Joly, juge d’instruction au pôle financier de Paris, qui fut députée européenne en 2009 et qui sera ensuite candidate d’Europe Écologie Les Verts à l’élection présidentielle de 2012. Après avoir instruit des dossiers politico-médiatisés concernant Bernard Tapie et l’entreprise Elf, elle est retournée tranquillement dans sa Norvège natale pour – je la cite – « se mettre à l’abri et ne laisser à personne le moyen et le temps de se venger ».

  • Salomé Zourabichvili, haut fonctionnaire du Quai d’Orsay, elle sera ambassadrice de France en Géorgie de 2003 à 2004 avant de devenir présidente de la Géorgie, son pays natal, de 2018 à 2024.

  • Manuel Valls, né à Barcelone le 13 août 1962 avant de devenir français en 1982. Il fut ministre de l’intérieur de 2012 à 2014, Premier ministre de 2014 à 2016, et annoncera son retrait de la vie politique en 2018… pour être candidat aux élections municipales de 2019 à Barcelone, sa ville natale. Sèchement battu, il reviendra en France en 2022 et sera de nouveau nommé ministre d’État, ministre des Outre-mer en 2024 dans le gouvernement Bayrou, puis en 2025 dans le gouvernement Lecornu.

  • Jules-Armand Aniambossou, mon jeune compatriote béninois né à Cotonou le 18 mai 1962. Il fut le condisciple d’un certain Emmanuel Macron à l’ENA de 2002 à 2004 (promotion Léopold Sédar Senghor). Il sera ambassadeur du Bénin en France de 2013 à 2017, coordinateur du conseil présidentiel pour l’Afrique pour le compte d’Emmanuel Macron de 2018 à 2019, avant d’être nommé dans la foulée par ce dernier ambassadeur de France en Ouganda de 2019 à 2022, puis au Ghana.

A travers tous ces parcours de vie, sans aigreur ni envie, je continuerai toujours simplement de me poser la question de l’intégrité morale et de l’amour pour la vraie patrie. 

Plaisir, 11 mars 2026