En prenant de l’âge, notre mémoire a naturellement tendance à s’émousser, surtout lorsqu’il s’agit de resituer dans le temps des événements passés. Heureusement pour moi, j’ai pris l’habitude depuis que je suis entré dans la Fonction publique de tenir rigoureusement des agendas, année après année, jour après jour. Par conséquent, à partir de juillet 1979, je suis capable de dire, rien qu’en les consultant, ce que j’ai fait de mémorable ou de significatif durant une journée considérée : travail, rencontres, loisirs et même dépenses. A présent que je suis à la retraite et donc dégagé de toute obligation professionnelle, je vois dans ces agendas que j’ai soigneusement conservés une mine d’informations pour mes écrits futurs. Rien ne se perd…
C’est en tombant hier sur une dépêche de presse qui relatait le récent passage du secrétaire d’État américain Marco Rubio en France que j’ai pensé à consulter mes précieux agendas. Il était dit dans cette dépêche que Marco Rubio était venu dans notre pays pour assister à une réunion du G7 et que cette réunion s’était déroulée à l’Abbaye des Vaux-de-Cernay. Soad et moi connaissons bien cette abbaye située en forêt de Rambouillet pour y avoir passé, il y a quelques années, un long week-end en amoureux. L’établissement était classé quatre étoiles et nous en avons gardé un charmant souvenir après y avoir dormi deux nuits. Ce qui a été moins sympathique fut de recevoir dans notre boîte aux lettres de Plaisir, tout juste une semaine après notre escapade, un P.V. de 135 euros pour un feu rouge que j’aurais brûlé, à Trappes, sur le chemin du retour. Soad, qui veille ordinairement sur la régularité de ma conduite, n’a rien vu non plus. Mais, plus dur encore, ce P.V. était assorti d’un retrait immédiat de cinq points sur mon permis, points que je ne pourrai récupérer qu’à l’issue de trois années d’une conduite irréprochable. Avouez que cette sanction a été un peu raide à avaler pour le flic que j’ai été trente ans durant. Mais, que faire ? Bête et discipliné, je m’y suis donc plié. J’ai pu ainsi récupérer l’intégralité des douze points de mon permis et, depuis, je conduis le moins souvent possible et avec plus de vigilance encore. C’est une des raisons pour lesquelles nous prenons désormais le TGV pour nous rendre dans notre résidence secondaire du Finistère.
La consultation de mes agendas m’a confirmé que nous avions bien séjourné à l’Abbaye des Vaux-de-Cernay du samedi 2 février 2019 au soir au lundi 4 février 2019 au matin. J’avais dans l’idée d’y revenir avec Soad le 12 avril prochain qui correspond à notre 12e anniversaire de mariage civil. Lorsque je me suis renseigné sur les prix actuellement pratiqués, ils excédaient grandement mes capacités financières. Même sans être invité par le G7, n’est pas Marco Rubio qui veut ! Nous irons modestement faire un tour en Seine-Maritime, plus précisément à Veules-les-Roses où débouche le plus petit fleuve côtier de France. Ce sera assurément le plaisir d’une autre découverte. En attendant, j’ai celui d’offrir à mes fidèles correspondants ces quelques souvenirs de l’Abbaye des Vaux-de-Cernay. Enjoy!
Pont-Croix, 28 mars 2026
